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On peut étudier et obtenir un diplôme par Internet. Ça s’appelle le « e-learning ». Philippe a ainsi obtenu une licence ; Mohamed, un master. Tous deux avec mention.
« Je voulais une formation sans avoir à quitter mon travail », explique Philippe Paumier, 34 ans, responsable d’un magasin Chausport à Caen. Titulaire d’un bac sciences économiques et sociales, ce salarié a été aiguillé par le Fongecif (Fonds de gestion du congé individuel de formation) de Basse-Normandie vers le strong>e-learning. « Mon expérience m’a permis d’obtenir une validation des acquis professionnels (Vap). J’ai ainsi pu m’inscrire en licence management des administrations et des entreprises. »
La formation a débuté en octobre 2007, comme une rentrée universitaire. L’examen s’est déroulé en juin. Les cours en ligne sont dispensés par des enseignants de l’IAE de Caen (Institut d’administration des entreprises). Philippe a décroché son diplôme. Avec mention, s’il vous plaît ! « Un tel diplôme peut me servir pour évoluer dans ma société. Il me donne aussi du poids si je change. » Pour décrocher sa licence en neuf mois, Philippe a fait des sacrifices. « Je bûchais au moins deux heures par jour, le soir après le travail. Les week-ends et les jours de repos y passaient aussi. » Les épreuves d’examen étaient les mêmes que celles des étudiants qui suivent les cours à l’IAE.
Mohamed Fall, 38 ans, a suivi la même voie. Ce docteur ès électronique est ingénieur chez NXP, ex-Philips. Il a passé un master des administrations des entreprises, « pour acquérir des connaissances en gestion, en droit et en management. Et puis, si un jour je crée ma boîte, ça me sera utile ! »
« J’ai travaillé trois heures par jour, car tout était nouveau. » Mohamed a finalement eu son diplôme avec mention. « Dans l’immédiat, cela me permet de mieux comprendre les budgets et les résultats de mon entreprise », précise ce syndicaliste, avec une pointe de malice.
"Une formation sans avoir à quitter mon travail"
Ces deux formations de 3 900 € et 5 600 € ont été prises en charge par le Fongecif. « Le e-learning permet à des salariés de se former sans avoir à quitter leur emploi, appuie Thierry Lefort, directeur du Fongecif de Basse-Normandie. Il est aussi une solution aux problèmes de distance et d’organisation familiale. Et puis, certains salariés ne souhaitent pas que leur entreprise sache qu’ils se forment. » La clé du succès passe aussi par un tutorat actif.
• 11 % des salariés pratiquent le e-learning. D’après un sondage réalisé auprès de 902 personnes travaillant dans une entreprise de plus de 1 000 salariés, 34 % l’ont pratiqué les 12 derniers mois. Cette formation intéresse surtout les cadres (56 %), commerciaux (58 %), salariés banques et assurances (60 %), informatique et Télécoms (50 %).
Le taux de satisfaction de ceux qui ont suivi une formation e-learning seule est de 66 % et de 82 % pour une formation mixte (e-learning et en groupe). La formation en salle et en groupe concerne 89 % des salariés. |